Femmes

Pour les statistiques officielles, les femmes représentent plus de la moitié des populations immigrées. Pendant longtemps, elles ne furent perçues que comme des rejoignantes d’un mari ou d’un père.
Rejoignantes, elles furent longtemps reléguées au troisième rang après le chef de famille et les enfants.
Rejoignantes, elles furent longtemps des minorités invisibles et muettes et, pour beaucoup, peu actrices de leur vie.
Mode de vie ancestral oblige ?
Sauvegarde d’une identité cristallisée, sacralisée, au risque de rater le coche alors qu’au pays natal les femmes se battent inlassablement pour faire bouger les choses ? et elles bougent !
Machisme inspiré par la peur de perdre son pouvoir domestique ?
Les problèmes sont certainement exacerbés par une « ghettoïsation » des populations immigrées dont le mode de vie gênerait les habitants des « quartiers » : les femmes sont contraintes de vivre en quelque sorte sous l’œil vigilant de tous, ceci d’autant plus que souvent la parentèle au sens large du terme, habite le même quartier, voire la même rue.
Le malaise est certainement plus grand quand on sait que les facilités technologiques permettent de relayer nouvelles et ragots jusqu’au village natal.
La vie n'est pas simple quand les gens ne peuvent pas réellement s’épanouir, quand ils ne se sentent pas sécurisés et quand plusieurs épées de Damoclès sont brandies au dessus de leurs têtes (et plus particulièrement les têtes des femmes).
Ainsi, rejoignantes d’un mari, leur situation reste encore souvent précarisée par l’Administration française qui peut leur opposer un refus du renouvellement de la carte de séjour si une rupture de la vie commune intervient dans les trois ans suivant sa délivrance [1].
Que dire quand le cercle familial et celui plus large de la République font endosser avec violence l’habit d’immigrée [2] et donc d’étrangère ad vitam aeternam aux femmes (et aux hommes) venus d’ailleurs ?
Que dire des ambivalences du statut personnel induites par les conventions bilatérales et internationales ? Malheureusement, les femmes n’en sont informées que lorsqu’elles vivent des situations de crises !
Si cette rubrique leur est dédiée, c’est justement pour qu’elles puissent être convenablement informées et pour qu’elles ne soient pas les éternelles muettes alors que nombre d’entre elles s’investissent au quotidien pour participer activement à la vie de la Cité.
Leur dédier cette rubrique c’est tout simplement leur rendre la parole
[1] Deux exceptions : rupture pour cause de violences conjugales ; enfant né du couple.
[2] Définition de l’INSEE : Un immigré est une personne étrangère née à l’Étranger et entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le territoire français d’une façon durable. Un immigré peut avoir la nationalité française.
La petite fille et les princes charmants
Je rêvais, enfant, d'être une princesse, une reine, comme dans les contes de fées des livres, des livres de l'école, de l'école de mon village. C'est un grand village, au Nigéria, un village assez loin de Lagos, l'ancienne capitale.
Chantal a fui le Congo Démocratique il y a 12 ans
Chantal habite en France depuis douze ans, et à Besançon depuis dix ans. Il y a quarante-cinq ans, elle voyait le jour à Kinshasa, dans la République du Zaïre, devenu le Congo Démocratique.
Je suis née à Madagascar ...
Je suis née à Madagascar en 1935.
Ma mère venait de La Réunion, mon père de l'Ile Maurice.
J’avais de plus en plus l’impression que j’étais son esclave
Mme T. est née au Cameroun en octobre 1972. Issue d'une famille de cinq enfants, elle a fait ses études au Cameroun, et y a travaillé comme institutrice puis surveillante dans des lycées. Elle avait deux enfants de 11 et 17 ans.
Rayane vient du Liban
Rayane est arrivée à Besançon il y a 6 mois, elle a 19 ans, et habitait jusque là au Liban.
Elizabeta et Jacques, un mariage Franco-Macédonien
Elizabeta est venue de Macédoine poursuivre ses études à l'université de Besançon. Elle y a rencontré Jacques, un Franc-Comtois. Ce couple mixe avec bonheur les deux cultures
Bita, Iranienne, depuis 34 ans à Besançon
Je suis Iranienne. Je suis née à Téhéran le 1er novembre 1953.
On était 2 soeurs. Je viens d'une famille assez aisée. Mon père était cadre, conseiller de 5 ministres du shah.
De quelques mois à toute une vie à Besançon
Je m'appelle Maria Lourdes Hernández. Je suis arrivée en France le jour de mes 19 ans, le 11 février 1965, en tant que touriste.
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